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50 ANS SEGA

Roger Clency,  Le séga, notre identité culturelle
Roger Clency, un des papes du séga mauricien.


3/4/2011-Le samedi 7 mai, le séga sera à l’honneur au J&ampJ Auditorium à Phoenix. Roger Clency qui sera l’un des invités de cette soirée en compagnie de Jean-Claude Gaspard et de Marie-Josée Clency revient sur son parcours et parle de l’évolution de cette musique.

E n 1958, quand Roger Clency, décide de changer de registre musical et de se consacrer au séga, cette sonorité venait de quitter les plages pour faire son entrée dans les salons où elle était accueillie avec retenue ou sinon carrément rejetée. «Les gens dansait le séga avec beaucoup de timidité», explique-t-il. Son premier duo avec Marie-Josée, Marlena, le met au-devant de la scène. Mais il lui a fallu attendre 12 ans pour voir la situation évoluer. C’est l’ouverture des hôtels en 1970 qui apporte un nouveau souffle au séga. «Le touriste aimait cette musique et de là les autorités ont commencé à s’y intéresser», avance-t-il.

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Si Tifrer l’a inspiré, Roger Clency souhaitait donner une autre dimension à cette musique. «Je ne voulais pas jouer que du séga, je voulais faire du spectacle et surtout qu’on nous respecte, nous les ségatiers. Tout ce que je demandais, c’était du respect.» Ayant participé à l’ouverture de plusieurs établissements hôteliers, le chanteur assure qu’à l’époque les conditions de travail étaient plus que satisfaisantes. «Nous disposions d’une chambre pour les filles et d’une autre pour les garçons. Nous avions droit à une heure de spectacle par nuit. A l’heure du dîner, nous passions à table en compagnie des touristes. Et chaque année, le salaire était augmenté de 20 %», raconte-t-il.

En 1982, la chance lui sourit et il s’envole pour la France en prenant soin de trouver des remplaçants pour assurer l’animation à l’hôtel. Il reviendra trois ans plus tard à l'île Maurice. «Lorsque je suis revenu en 1985, la situation n’était plus pareil. Les augmentations de salaires avaient disparu. On me disait qu’il y avait moins de touristes et que par conséquent, il fallait baisser le prix. Quand j’ai voulu discuter on m’a fait comprendre qu’on ne voulait plus de moi», explique Roger Clency.

Il retournera en France où il s’attellera à faire connaître sa musique. «Je voulais que le séga soit reconnu internationalement et aujourd’hui ce sont mes enfants qui prennent la relève», soutient-il. Parlant de la situation actuelle dans les hôtels, le ségatier explique qu’il n’y met plus les pieds. «Cela me fait trop mal de voir comment les musiciens sont traités. Ils se sont laissés faire. Ils ont tout accepté pour ne pas perdre leur emploi.» Et quand est-il du séga d’aujourd’hui ? «Notre séga est dansant et il plaît. Il faut garder la basse rythmique et surtout que les jeunes continuent à faire du séga. Le reggae c’est la musique de la Jamaïque, le zouk celle des Antilles tandis que le séga nous appartient. Je souhaite qu’on trouve enfin notre identité culturelle», conclut-il.

50 ans séga, samedi 7 mai à partir de 20 heures au J&J Auditorium à Phoenix. Billets: Rs 400 (première), Rs 300 (seconde) et Rs 200 (latérale) en vente à travers le Rézo Ôtayô.
Christine TURENNE
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L'Express.mu


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