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T O U R I S M E

Anil Gayan (Ministre du Tourisme) : “Combler la basse saison !”

22 Mai 2017 - La priorité du moment du ministre du Tourisme, Anil Gayan, est de combler le fossé de la basse saison. C’est ce qu’il a déclaré dans une interview accordée hier à Fabrice Aquilina de L’Express-Dimanche. Nous publions quelques extraits.

La priorité du moment du ministre du Tourisme, Anil Gayan, est de combler le fossé de la basse saison. C’est ce qu’il a déclaré dans une interview accordée hier à Fabrice Aquilina de L’Express-Dimanche. Nous publions quelques extraits.

Passons au Tourisme, ministère que vous dirigez depuis quatre mois. Si vous deviez faire un rapide état des lieux ?

Il y a quelques petits problèmes mais globalement, l’activité touristique se porte bien. Ce qui me préoccupe, c’est la baisse de fréquentation que nous subissons en basse saison. Décembre, 150 000 touristes ; juin, 70 000 seulement, je veux combler ce fossé. Pour cela, il faut explorer tous les marchés potentiels. Et ne négliger aucun atout. Le climat en est un : quand l’Inde et les pays arabes suffoquent de chaleur, c’est l’hiver mauricien. Donnons-leur envie de venir goûter l’air frais plutôt que la clim’.

Le Budget arrive, où investir en priorité ? 
Dans de nouveaux produits. Oublions un peu les hôtels cinq-étoiles et réfléchissons à ce que recherche la génération Millenials : vivre une expérience différente. Exemple, le «glamping», le camping glamour. Vous êtes en forêt ou dans une chasse, sous une jolie tente, dans une roulotte ou une cabane en bois, vous jouez les Robinson de luxe…

Boostons le tourisme en envoyant de jeunes émiratis au bord de l’insolement sous une tente à Chamarel ? M. Gayan, vous avez besoin de vacances…
(Sourire)
On ne peut plus se contenter de proposer du cinq-étoiles. Il faut élargir l’offre avec d’autres produits plus en phase avec les nouveaux modes de consommation du voyage. De plus en plus de touristes coupent leur séjour en deux : une partie dans un resort de luxe, l’autre dans un lieu totalement différent.

Dans vos récentes prises de parole, vous avez laissé entendre que la destination a besoin de plus de sièges d’avion. Dans quelles proportions ?
 

Ça va de pair avec l’offre hôtelière : si vous augmentez le nombre de chambres, les places en avion doivent suivre. Dans les deux ans, nous aurons deux nouveaux hôtels. Et l’objectif est d’atteindre 1,5 million de touristes à la fin du mandat. Nous sommes à 1,2 million aujourd’hui, il nous faut 100 000 sièges supplémentaires par an. L’autre priorité, c’est d’encourager les touristes à mieux connaître les Mauriciens et à découvrir notre territoire. Aller vers un tourisme de destination, pas seulement un tourisme d’hôtel.

L’offre «all-inclusive» a-t-elle tué la découverte ?
La formule all-inclusive nous a beaucoup aidés mais elle a peut-être fait son temps, à nous de l’adapter. Elle concerne quasiment un séjour sur deux, la ramener à 20 % dans les cinq prochaines années me semble raisonnable.
En octobre, Air Mauritius ira à Amsterdam, puis desservira à nouveau Genève. Est-ce bien raisonnable ? 
C’est une bonne chose. Pour grandir, Air Mauritius doit prendre des risques.

Jugez-vous la compagnie frileuse ?
Je peux comprendre certaines hésitations, une société cotée en Bourse doit être prudente. Pour schématiser, vous avez deux écoles de pensée : ceux pour qui l’offre crée la demande, qui ouvrent des lignes pour générer du trafic, et ceux qui font l’inverse, qui mettent des avions quand la demande est là. Le premier modèle est celui d’Emirates, le second celui d’Air Mauritius. Je crois qu’il faut trouver le bon équilibre entre les deux.
Emirates est un géant du secteur, la comparaison avec Air Mauritius a-t-elle un sens ?
J’aimerais qu’Air Mauritius devienne comme Emirates (on tique), allez, comme Singapore Airlines si vous préférez. C’est la compagnie d’un petit territoire mais son rayonnement est comparable à celui des grands.

Que manque-t-il à Air Mauritius pour rayonner plus loin ?

L’ambition de jouer dans la cour des grands.

En parlant d’ambition, qu’est-ce qui peut-nous laisser penser que vous obtiendrez de meilleurs résultats que Xavier-Luc Duval ?
Une chose : c’est moi qui ai fait supprimer les visas pour les touristes chinois et indiens, en 2005. Si je ne l’avais pas fait, les arrivées touristiques seraient à la peine.