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CNN découvre au cœur de l’Ile Maurice les traditions du séga dans ‘Inside Africa’

7 Août 2017 - Cette semaine, Inside Africa vous emmène à l’île Maurice, où CNN International se penche sur les traditions liées au séga et dévoile comment un genre musical si étroitement lié à l’identité d’un pays connaît actuellement une résurgence parmi la nouvelle génération.

Cette semaine, Inside Africa vous emmène à l’île Maurice, où CNN International se penche sur les traditions liées au séga et dévoile comment un genre musical si étroitement lié à l’identité d’un pays connaît actuellement une résurgence parmi la nouvelle génération.

Connu comme le blues de l’océan Indien, le séga, comme le souligne CNN, permet d’exprimer la diversité qui caractérise l’île Maurice et reflète l’influence des cultures africaines, indiennes, chinoises et françaises.

Percy Yiptong explique à Inside Africa ce que ce genre musical représente pour les Mauriciens : « De par son statut de musique nationale, le séga coule dans le sang de tout Mauricien, qu’il soit d’origine africaine, chinoise, indienne ou européenne. Le séga, c’est ce qui nous rythme... Le séga unit tous les Mauriciens. C’est la musique qui rassemble toutes les religions et toutes les ethnies. »
Le son du séga est généralement celui qui accueille les visiteurs se rendant dans l’île.  Avec les instruments traditionnellement fabriqués à la main offrant une expérience et un son mauricien uniques, tout en préservant la mémoire historique de l’île ayant contribué à la création de ce genre musical.

CNN s’intéresse à la manière dont sont nées les traditions du séga durant la période où les esclaves avaient été amenés dans l’île au 17e siècle. La musique était ce moyen par lequel ils se libéraient l’âme et l’esprit.

Inside Africa rencontre aussi la chanteuse Linzy Bacbotte, une interprète du séga contemporain, qui résume la manière dont l’expérience des esclaves a développé le son de ce genre musical jusqu’à sa forme actuelle : « Ce que les esclaves exprimaient à travers la musique, c’était leur douleur. C’était aussi un appel vers et depuis leur terre natale, c’était ce rythme et cette langue qui exprimaient tout ce qui n’était pas dit, tout ce qu’on avait de plus profond en soi... Ce qu’ils veulent exprimer, c’est l’âme, la douleur de l’âme, et la joie. En bref, ils exprimaient tout, si je puis dire, avec le séga. »

Le pied de la Montagne Le Morne abrite aujourd’hui de nombreux monuments qui rappellent qu’il a été le lieu de naissance du séga. La montagne elle-même a été inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco pour son rôle historique à l’ère de l’esclavage.

A mesure que le séga a émergé comme une musique populaire, le genre s’est transformé à la fois en source de fierté nationale et comme moyen de préserver la mémoire de ses origines pour une nouvelle génération, comme l’explique Linzy Bacbotte : « C’est notre fierté aujourd’hui parce que la montagne où tout a commencé... Ce n’est pas un hasard si le séga fut inscrit au patrimoine mondial aujourd’hui, donc il y a la reconnaissance. Cela devait arriver pour que le monde, et aussi Maurice, réalise que nous avons là quelque chose de précieux. »

La protection du séga se fait de différentes manières, notamment à travers des programmes éducatifs, et dans son adaptation au regard d’une nouvelle génération de musiciens.

Percy Yiptong, qui assiste dans la diffusion d’une émission, explique pourquoi il est vital que les traditions et l’héritage culturel du séga soient correctement décrits : « Le séga vient de l’esclavage. Il est né de la souffrance pour devenir, aujourd’hui, une musique de fête, une musique d’ambiance. On doit le rappeler non seulement aux descendants d’esclaves, mais à tous les Mauriciens... C’est véritablement la seule musique qui nous unit tous, avec la langue créole. Donc, si un jour le séga venait à disparaître, peut-être que l’unité des Mauriciens s’estomperait également. »

Récemment, le séga a connu le succès sur la scène internationale au travers de son évolution et de la fusion avec le reggae, donnant ainsi naissance à un sous-genre appelé le ‘seggae’.

CNN s’entretient avec Bruno Raya, pour Inside Africa expliquant comment cet amalgame permet de garder la mémoire du séga vivante tout en rendant le style musical plus attrayant pour une nouvelle audience : « C’est du 100 % mauricien. C’est important pour nous de promouvoir cette musique... Vous ne pouvez parler du ‘seggae’ sans parler du séga et comme nous l’avons toujours maintenu il n’y a que deux styles de musique qui appartiennent aux Mauriciens. L’un est né durant la période de l’esclavage et l’autre après l’Indépendance. »

Pour des musiciens comme Linzy Bacbotte, le séga a fini par incarner la pluralité ethnique que l’on retrouve dans l’île Maurice moderne tout en véhiculant la mémoire et les traditions du passé.

Se penchant sur ce point, elle déclare à CNN : « Nous cherchons l’évolution. C’est extrêmement important car il s’agit de notre identité... L’île Maurice, c’est avant tout les gens, c’est le bouillon des cultures. C’est la beauté de différents peuples qui s’unissent. Nous sommes un peuple béni. Partout où vous allez, vous voyez un sourire sur notre visage, et notre cœur ainsi que notre âme restent le séga. »