15E ANNEE - PREMIER PORTAIL D'INFORMATIONS TOURISTIQUES DE L'OCEAN INDIEN


E D I T O

To open or not to open

28 Juillet 2020 - Soyons honnêtes. Décider de la réouverture des frontières et accessoirement offrir le bol d’air attendu à l’industrie touristique, est loin d’être une décision aisée. Et on peut aisément comprendre les atermoiements gouvernementaux.

Car, restons honnêtes, le risque est énorme. Et quand on regarde autour de la planète – vers la France par exemple qui semble être notre référence absolue – on peut nourrir des raisons objectives d’avancer à reculons sur ce dossier.

La réouverture, de toute manière, ne pourra qu’être sélective et la manne touristique attendue risque de prendre du temps, beaucoup de temps, avant de se manifester. Et quand bien même que cette ouverture fut sélective, que fera-t-on, et dans quelles conditions, des premiers touristes qui viendront, en quarantaine 3, 4 ou 5 étoiles, profiter de ce que nous avons à leur offrir.

Contrairement à une idée reçue et de plus en plus répandue, la majeure partie des touristiques ne quittent qu’épisodiquement leurs hôtels pour ne pas dire jamais. Ça ne devrait, théoriquement, pas trop leur poser de problèmes, à venir passer des vacances – nécessairement au rabais – dans nos hôtels. La distanciation sociale, le respect strict des règles sanitaires par les employés, voici l’enjeu. Et ce n’est pas gagné tant les réflexes naturels sont durs à juguler.

Alors to open or not to open ? Si « en haut » l’on pense que le remède risque d’être pire que la maladie, autant garder les frontières fermées. Mais jusqu’à quand et pour quel résultat ? (1)

S’il faut ouvrir les frontières coûte que coûte pour sauver une année déjà perdue, soyons vraiment prêts à affronter une situation exceptionnelle qui ne tolérera aucun écart, aucun amateurisme, aucun laisser-aller. Ce ne sont pas intrinsèquement des qualités mauriciennes, mais faudra se forcer !

Plutôt cornélien comme choix vous ne trouvez pas ?
Jean-Joseph Permal

(1)    Maintenir les frontières fermées ne constitue pas une stratégie “viable” pour lutter contre le coronavirus, a estimé lundi l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tout en reconnaissant la difficulté d’avoir une stratégie globale à l’échelle internationale. “Cela va devenir presque impossible pour les pays de maintenir dans un futur proche leurs frontières fermées”, a déclaré le Dr Michael Ryan, directeur des situations d’urgence à l’OMS, lors d’une conférence de presse virtuelle.